Depuis ma toute petite enfance, j’ai voulu écrire. Je ne savais pas quoi, ni comment j’allais m’y prendre à l’époque, mais au fond de moi, une petite voix me disait de continuer à travailler très fort pour réussir ce que je souhaitais entreprendre. 

La première fois où je me suis mise en tête d’écrire, ce fut en regardant « Belle et Sébastien ». Cécile Aubry apparaissait à l’écran quelques minutes et expliquait comment et pourquoi elle avait écrit cet épisode. Je trouvais cela magique. De plus, je pensais que si l’auteure Cécile Aubry avait été capable d’écrire une si jolie histoire, alors moi, portant le même prénom, j’en serai tout aussi capable. 

J’ai donc commencé à griffonner mes premières histoires de petite fille sur un cahier que je cachais à la vue de tous. J’aimais surtout écrire des pièces de théâtre pour les jouer ensuite avec mes amis : comme dans les films !

A l’âge de 10 ans, j’ai demandé au Père Noël une machine à écrire. Hé oui, je date des dinosaures, et à l’époque , les ordinateurs existaient uniquement pour les entreprises. 

J’ai commencé à écrire très sérieusement toutes les histoires qui me passaient par la tête. Je collais les feuilles A4 dans un grand cahier que je décorais par la suite avec des découpages. Le dessin ne fut jamais ma tasse de thé.

J’aimais lire Molière et jouais, seule, dans ma chambre certains actes. Cela me donnait encore plus d’idées pour écrire d’autres histoires. Je faisais des mélanges des pièces de Molière et des dessins animés de mon temps. Un joli cafouillage, qui, si je pouvais les relire, ne devait ressembler à rien. 

L’adolescence a pointé le bout de son nez. Les histoires me paraissaient futiles. Je ne me trouvais aucun talent. Mais les premiers amours donnèrent des ailes aux premières rimes et aux premiers poèmes. 

J’aimais écrire les sujets de rédaction que les professeurs de français nous proposaient : elles complétaient plusieurs pages de copies doubles à chaque fois. 

Le journal intime apparu au moment des premiers chagrins d’amour ; au moment où les adultes de ma famille commencèrent à nous quitter. Ce fut un exutoire qui laissa la place à l’argumentation des sentiments, à exprimer les souffrances plus qu’à ne raconter les journées banales entre amis. 

L’âge adulte est arrivé bien rapidement, mais mon rêve d’enfant, d’écrire des histoires, étaient restés intactes.

Même si je sortais d’une école de tourisme, que je travaillais dans un monument parisien, je passais mon temps libre à écrire lorsque je n’étais pas au cinéma : que j’aimais critiquer dans un cahier. 

Ecrire : oui, mais quoi et comment ? Je savais à présent que j’en étais capable, mais je ne savais pas comment m’y prendre. Alors je fis tout bonnement confiance à mon instinct d’enfant et écrivis toutes les histoires qui me passaient par la tête. 

Je me souvenais surtout d’un temps où la magie des sorcières et des fées faisaient parties intégrantes de ma vie de petite fille. Je décidai donc de les insérer à mon imagination. Elles devinrent bientôt mes meilleures amies pour conter mes rêves, mes défis, mes combats…

Mais la vie parisienne ne me plut pas et la nature me manqua rapidement. J’avais donc trouver un sujet qui me plaisait, parler des sorcières et de la nature. Ca y est, c’était parti pour une belle aventure. 

Seuls les enfants de mon village pouvaient les lire ; leurs yeux brillants et leur concentration à m’écouter me donnaient envie de continuer.  

 

L’âge mur arrivait et je continuais à écrire mes histoires dans un grand cahier. Il n’y avait plus d’enfants pour les écouter : je déménageais tous les deux ans. Je me disais qu’un jour, je les lirai à mes propres enfants.

Un jour, mon compagnon de vie m’annonça que nous partions pour Tahiti. Non seulement nous mirent au monde une jolie fleur sur ces magnifiques îles, mais je repris l’écriture sérieusement. 

Les débuts de l’édition ne furent pas une réussite. De beaux parleurs et de vrais menteurs, le livre publié me coûta cher et ne fit aucune vente. 

Je décidai de continuer d’écrire pour ma fille. 

De retour en Métropole, les réseaux sociaux commençaient leur flambée. J’écrivais donc mes histoires sur l’un d’entre eux. Par les conseils d’une illustratrice de retirer mes histoires de ce site, un poème fut pris dans la foulée pour un livre caritatif. Quelques semaines plus tard, une autre illustratrice vint frapper à ma porte, me demandant de retirer mes histoires car elles avaient de la valeur pour le monde de l’édition. Elle décida d’illustrer le Lapin de Pâques, petite histoire en rîmes, et trouva une petite maison d’éditions, qui à l’époque, ouvrait ses portes depuis peu. 

Les Editions MK67 m’ont ouvert les portes de ce joli métier et grâce à Michel, j’écris encore tout ce qui me passe par la tête : folie et humour pour adresser des messages positifs aux enfants heureux de lire ou d’écouter de belles histoires.